Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol21.djvu/258

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Remarques.

1) Le mot grec οὕτω ne se rapporte pas à ὥστε, premièrement, parce que, dans tout l’évangile il n’existe pas de rapport pareil entre ces deux mots, et qu’il est impropre à la langue évangélique ; deuxièmement, et principalement, parce qu’un tel rapport donnerait un sens impropre et déformé à toute la phrase. « Dieu a aimé tellement, qu’il a donné le fils », comme le comprend l’Église, c’est une conception impossible envers Dieu. On peut dire d’un homme : Il aimait tant qu’il a donné son dernier rouble ; mais d’un principe infini, de Dieu, on ne peut dire cela. On ne peut pas mesurer l’amour de Dieu, ni parler des sacrifices de Dieu. Οὕτω γὰρ ne fait qu’unir ce qui précède à ce qui suit. Il était dit : de même que Moïse a rehaussé le serpent, il faut rehausser le fils de l’homme pour que les hommes ne meurent point, pour qu’ils aient la vie. Et maintenant il est dit : de même que Moïse, aimant le peuple, fit le serpent pour que les hommes fussent sauvés, de même Dieu a donné au monde son fils pour le salut des hommes.

Ce verset et le suivant répondent à la pensée que devait avoir Nicodème, et qui se retrouve en tous les hommes quand ils songent à l’importance de leur vie : Pourquoi quelqu’un m’a-t-il créé pour mourir ? C’est à ce sentiment de chaque homme que Jésus répond. Il a dit auparavant que l’homme peut ne