Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol21.djvu/304

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


herbes et piétineriez le froment. Qu’ils croissent ensemble ; la moisson viendra, alors j’ordonnerai aux moissonneurs de mettre à part les mauvaises herbes et je les brûlerai ; et le froment je le mettrai dans la grange.

« La moisson c’est la fin de la vie humaine ; les moissonneurs c’est la force de Dieu. On brûlera les mauvaises herbes et le froment sera mis dans la grange ; ainsi, à la fin de la vie périra tout ce qui était la tromperie du temps, et il ne restera que la seule vraie vie de l’esprit. Pour Dieu le mal n’existe pas. Dieu garde ce qu’il lui faut, et qui est à lui ; et ce qui n’est pas à lui n’existe pas pour lui. »

« Le royaume de Dieu est comme un filet. On jette le filet dans la mer, il garde des poissons de toutes sortes. Quand on a retiré le filet, on rejette à la mer le mauvais poisson. Il en sera de même à la fin du monde. La force de Dieu choisira le bon, et rejettera le mauvais. »

Quand il eut fini de parler, ses disciples lui demandèrent comment il fallait comprendre ces paraboles.

Et il leur dit :

Il faut comprendre ces paraboles dans les deux sens. Je dis ces paraboles parce que les uns, — comme vous, mes disciples, qui comprenez en quoi consiste le royaume de Dieu — comprennent que le royaume de Dieu est en chacun de nous,