Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol21.djvu/321

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24. Mais malheur à vous, riches ! parce que vous avez déjà reçu votre consolation. Mais 1) misérables 2) êtes-vous, riches ! Vous êtes misérables parce que vous éloignez de vous la consolation 3). Misérables êtes-vous, rassasiés ! parce que vous traînerez la misère. Misérables sont tous ceux qui rient maintenant, parce que vous connaîtrez la douleur et pleurerez.
25. Malheur à vous qui êtes rassasiés ! parce que vous aurez faim. Malheur à vous, qui riez maintenant, car vous vous lamenterez et vous pleurerez.
26. Malheur à vous lorsque tous les hommes diront du bien de vous ! car leurs pères en faisaient de même des faux prophètes. Misérables, vous êtes si tous les hommes vous glorifient ; car c’est ainsi que leurs pères glorifiaient les faux prophètes.

Remarques.

1) πλήν qui indique l’opposition, montre que οὐαί avec le datif est opposé à μαϰάριος.

2) οὐαί ὑμῖν, avec le datif ne peut se traduire autrement que par misérable.

3) Les mots ὅτι ἀπέχετε τὴν παράϰλησιν ὑμῶν, sont en général traduits inexactement : « ont reçu la consolation ». Ἀπέχω signifie écarter de soi, c’est-à dire ne pas entrer dans le royaume de Dieu. Cette expression correspond à celle-ci : parce que le royaume de Dieu vous appartient.

De même que les béatitudes futures sont la conséquence de la pauvreté, de même ici, les malheurs à venir sont les conséquences de l’éloignement de soi de la consolation du royaume de Dieu.