Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol22.djvu/200

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Marc, xiv, 3. Et Jésus étant à Béthanie, dans la maison de Simon surnommé le lépreux, une femme vint à lui, lorsqu’il était à table, avec un vase d’albâtre plein d’une huile odoriférante et de grand prix, qu’elle lui répandit sur la tête, ayant rompu le vase. Il arriva à Jésus de se trouver dans la maison de Simon le lépreux, et une femme 1) s’approcha de lui ; elle était riche d’un vase contenant une huile odoriférante de grand prix ; Et la femme brisa 2) ce vase et répandit l’huile sur la tête de Jésus 3).

Remarques.

1) Chez Matthieu et chez Marc se trouve la même expression : Σχουσα ἀλάβαστρον μύρου. On devrait la traduire ainsi : qui avait en sa propriété un vase d’huile. Je traduis : elle était riche d’un vase contenant… D’après le sens de tout ce qui suit, surtout d’après les paroles ἔχουσα μύρου, il faut comprendre que cette femme était une marchande d’huile, et que c’était tout ce qu’elle possédait, au moins présentement. Si cette femme ne portait pas toujours cette huile, elle avait dû l’aller quérir intentionnellement, et alors le sens principal du passage se perd. Au lieu de ἔχουσα, qui avait l’huile, on aurait dit : elle avait apporté de l’huile. Mais il y a ἔχουσα ; c’est pourquoi nous sommes forcés de supposer que cette femme portait toujours cette huile précieuse. Elle pouvait la porter soit pour la vendre, soit pour la transporter d’un lieu à un autre. En tout cas, cette femme portait une chose précieuse, et non seulement elle n’avait pas en vue de la dépenser, mais elle la couvait comme un trésor. Il faut bien tenir compte de cela pour com-