Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol22.djvu/231

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Jésus, dit : Que d’argent est ainsi perdu inutilement ! On aurait pu vendre cette huile trois cents roubles et faire le bonheur de combien de mendiants. Et les disciples adressèrent des reproches à la femme qui devint confuse, ne sachant si elle avait agi bien ou mal.

Alors Jésus leur dit : Vous avez tort de mortifier cette femme, elle a fait une bonne action ; et c’est en vain que vous rappelez les mendiants ; si vous voulez faire du bien aux pauvres, faites-le, il en existe toujours. Pourquoi donc en parler ? Si vous avez pitié des pauvres, allez, plaignez-les, secourez-les, mais cette femme a eu pitié de moi, et a fait le vrai bien ; car elle a donné tout ce qu’elle possédait. Qui de vous peut savoir ce qui est nécessaire et ce qui ne l’est pas. Pourquoi savez-vous qu’il ne faut pas répandre d’huile sur moi ? Elle a versé l’huile sur moi, au moins pour préparer mon corps pour la sépulture, et c’est pourquoi c’était nécessaire. Elle a rempli véritablement la volonté du Père ; elle n’a plus pensé à elle mais a eu pitié d’un autre ; elle a oublié les calculs de ce monde et a donné tout ce qu’elle possédait,

Et Jésus dit : Ma doctrine consiste dans l’exécution de la volonté du Père ; et on ne peut exécuter la volonté du Père que par les actes, et non par les paroles. Si un fils répond à l’ordre de son père : J’obéis, j’obéis, et ne fait pas ce que le père ordonne, il n’exécute pas la volonté du Père. Mais si