Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol22.djvu/254

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Sous les deux rapports la guérison est supérieure à la circoncision, et l’action du Seigneur est complètement justifiée par cela. Ainsi le principe fondamental, moral, sur lequel est basé ce discours justificateur est le même que celui exposé brièvement et nettement par le Seigneur dans un autre cas : Le sabbat est fait pour l’homme et non l’homme pour le sabbat (Marc, ii, 22). D’après ce principe, la loi du sabbat n’est pas violée dès que, pendant le sabbat, on exécute une œuvre plus importante, alors même que l’autorisation n’en soit pas exprimée dans la loi. Vous devez circoncire le jour du sabbat, vous le faites sans vous regarder comme les violateurs de la loi ; j’accomplis le jour du sabbat une œuvre plus importante que la circoncision, pourquoi donc me considérez vous comme un violateur de la loi sur le sabbat, pourquoi me poursuivez vous ; pourquoi voulez-vous me faire mourir ?

La remarque faite par le Seigneur que la circoncision n’est pas de Moïse mais des aïeux fortifie encore sa pensée. La loi du sabbat est si importante qu’elle est entrée dans les dix commandements, tandis que la loi de la circoncision ne fait pas partie des dix commandements ; elle a été transmise par les pères, c’est-à-dire par les patriarches, et Moïse ne la mentionne qu’une fois et très brièvement. Ainsi dans la pratique des Juifs, la loi la plus importante, celle qui est entrée dans les dix commandements, est violée pour l’observance d’une loi qui ne fait pas partie des dix commandements.

Reuss (Nouveau Testament, vie partie ; p. 201) :

Voici en deux mots le sens du raisonnement contenu dans les dernières lignes de notre texte. La guérison du paralytique, opérée pendant le sabbat, a causé parmi vous un étonnement tel, que vous en avez même voulu à ma vie. Mais il y a des choses qui priment le sabbat (Marc, ii, 27). Ainsi la circoncision, instituée longtemps avant Moïse, se pratique à jours fixes, le huitième après