Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol22.djvu/341

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ne marchera pas dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie. Si l’homme ne voit pas la lumière, ni ses parents ni lui n’en sont coupables ; mais si la lumière est en nous, notre œuvre dans la vie ne consiste qu’à éclairer les autres. Tant que nous sommes dans le monde, nous sommes la lumière du monde. Si nous voyons les hommes privés de la lumière, nous leur découvrons la lumière de ce commencement qui nous a produits. L’homme qui voit la lumière change de telle façon que personne ne peut le reconnaître. L’homme reste le même homme mais, en lui, devient cette différence qu’ayant appris qu’il est fils de Dieu, il reçoit la lumière et voit ce qu’il ne voyait pas auparavant. L’homme qui ne voyait pas la lumière, puis l’aperçoit ne peut pas dire s’il est juste qu’il ait cessé d’être aveugle. Il ne peut que dire : Je suis régénéré ; je suis devenu autre. Auparavant j’étais aveugle, je ne voyais pas le vrai bien, et maintenant je le vois. J’ignore comment j’ai commencé à voir, mais je pense que celui qui m’a dévoilé la lumière est un homme de Dieu.

Et l’on aurait beau dire à l’homme qui a vu la lumière que cette lumière n’est pas véritable, qu’il doit prier un autre Dieu, celui qu’il ne voit pas, non celui qui lui a donné la lumière, il ne le croirait pas. Il dirait : Je ne sais rien de votre Dieu, je ne sais pas si l’homme qui m’a ouvert les yeux s’est trompé ou non, je ne sais qu’une chose :