Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol22.djvu/342

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qu’auparavant je ne voyais rien et que, maintenant, je vois. Et on aura beau demander à cet homme comment ses yeux se sont ouverts, il ne dira qu’une chose : ils se sont ouverts parce que j’ai appris que le commencement de ma vie c’est l’esprit, et, ayant appris cela, je me suis senti régénéré. Vous aurez beau lui dire que la véritable loi de Dieu c’est la loi de Moïse, que Dieu lui-même l’a donnée à Moïse, que Dieu n’entre en rapport qu’avec les saints, tandis que celui qui a ouvert les yeux est un pécheur, l’homme ne répondra qu’une chose : Je ne sais rien de tout cela, mais je sais que j’étais aveugle et, maintenant, je vois. Et je sais que celui qui m’a ouvert les yeux est de Dieu, car s’il n’était pas de Dieu, il n’aurait pu le faire.

Un tel homme ne se fie qu’à l’esprit du fils de Dieu qui est en lui, et rien de plus ne lui est nécessaire.

Et Jésus dit : La doctrine sépare les hommes. Les aveugles se mettent à voir, mais ceux qui croient voir clair sont aveugles. Les hommes qui, de naissance, ne voient pas la lumière, ne sont pas coupables et peuvent commencer à voir. Mais ceux qui affirment qu’ils voient alors qu’ils ne voient rien, sont coupables.

Puis les Juifs se mettent à discuter. Les uns disent : Tout simplement, il devient fou. Les autres disent : Un fou ne peut pas ouvrir les yeux d’un homme.