Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol22.djvu/354

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11. Et l’ayant reçu, ils murmuraient contre le père de famille, Alors ils se mirent à exprimer leur mécontentement à l’égard du maître.
12. Disant : Ces derniers n’ont travaillé qu’une heure, et tu les as égalés à nous qui avons supporté la fatigue de tout le jour et la chaleur. Quoi ! dirent-ils, les derniers n’ont travaillé qu’une partie de la journée, et tu les traites comme nous, qui avons travaillé et peiné toute la journée.
13. Mais il répondit à l’un d’eux, et lui dit : Mon ami, je ne te fais point de tort ; n’as-tu pas accordé avec moi à un denier par jour ? Le maître dit à l’un d’eux : Mon ami, je ne te fais point de tort ; n’avons-nous pas convenu que tu travaillerais pour un denier ?
14. Prends ce qui est à toi et t’en va ; mais je veux donner à ce dernier autant qu’à toi. Prends, mon ami, ce qui t’est dû et va à ta place. Je veux donner aux derniers autant qu’à toi. Ne suis-je pas maitre de mon bien ? Ou bien es-tu devenu envieux parce que tu vois que je suis bon ?
15. Ne m’est-il pas permis de faire ce que je veux de ce qui est à moi ? Ton œil est-il malin de ce que je suis bon ?
16. Ainsi les derniers seront les premiers et les premiers seront les derniers ; car il y en a beaucoup d’appelés mais peu d’élus. Ainsi les premiers seront les derniers et les derniers seront les premiers.

Les paroles qui suivent : « Car il y a beaucoup d’appelés mais peu d’élus », sont évidemment ajoutées et sont inutiles. Du reste, elles n’existent pas dans plusieurs manuscrits. Elles ne sont pas davantage chez Tischendorf. Chez Luc, les disciples disent ces paroles à Jésus, après l’explication au sujet du pardon qu’il faut faire non pas sept fois mais septante fois sept. Il est évident que ces paroles, comme celles de Pierre, se rapportent à