Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol22.djvu/376

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autrement dit, le jardin ne t’appartient pas. Si tu ne reconnais pas le maître du jardin, celui qui t’a envoyé ici, et ne fais point ce qu’il t’a ordonné, alors le maître te chassera, te tuera, et en enverra d’autres.

Le semeur sème : certains grains périssent, d’autres croissent. C’est la même chose dans le monde des hommes.

Ceux qui ne remplissent pas la volonté de Dieu périssent et sont remplacés par d’autres. Le sens principal de la parabole est négatif. Jésus se représente vivement la stupidité de la vie, s’il n’y a pas de maître, s’il n’y a pas la volonté précise du maître. Aussitôt que les hommes oublient le maître ou ne veulent pas le connaître, la vie devient semblable à un jeu stupide quelconque : travailler toute sa vie pour un étranger, se tourmenter, écouter des exigences de conscience qui ne mènent à rien, les étouffer, et ensuite mourir. Et si l’on ne reconnaît pas le maître, il n’y a pas et ne peut y avoir d’autre vie. La vie est une stupidité. Cette vie ne prend de sens que quand les hommes reconnaissent le maître, et lui rendent les fruits, quand les hommes reconnaissent Dieu, travaillent pour lui et confondent leur vie avec la volonté de Dieu.

Le maître a loué les ouvriers. Les uns sont venus dès le matin, les autres à midi, d’autres encore, le soir. Le maître a donné à tous le même salaire.