Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol22.djvu/381

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que du grain de moutarde croîtra un arbre, vous ne demanderiez pas d’augmenter la foi. La foi est une connaissance indiscutable. Et ici il prononce des paroles qu’on peut entendre de deux manières. Si les dernières paroles du verset 6 ont la signification que leur donne l’Église, alors il dit : Si vous aviez une pareille foi, vous n’auriez rien demandé, et rien ne vous paraîtrait étonnant. Si ces paroles ont un sens interrogatif, alors il dit : La foi est une connaissance indiscutable. Du fait que vous savez qui vous êtes, vous savez qu’en vous il y a l’embryon de l’esprit de Dieu. D’après la parabole du grain de moutarde, et pour vous, il n’est point besoin de miracle. Il n’en peut être de plus admirable que ce fait qu’en vous est l’embryon de l’esprit de Dieu.

De sorte que, dans les deux versions, ce verset indique que cette base, c’est la conscience en soi de l’esprit de Dieu et qu’il ne peut être rien de plus admirable et de plus convaincant. Et alors la parabole suivante, sur l’ouvrier des champs, en découle nettement. Toute la force de la parabole du grain de moutarde est en ceci : qu’en chacun il y a l’embryon de Dieu et que la seule affaire est de remplir ce pourquoi on a été envoyé.


Τίς δὲ ἐξ ὑμῶν δοῦλον ἔχων ἀροτριῶνια ἥ ποιμαίνοντα, ος εἰσελθόντι ἐϰ τοῦ ἀγροῦ ἐρεῖ. εὐθεῶν παρελθῶν ἀνάπεσαι ;

Ἀλλ’ οὐχί ἐρεῖ αὐτῷ­· ἐτοίμασον τί δειπνήσω, ϰαὶ περιζωσά-