Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol22.djvu/431

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De même, si une femme perd un kopek, elle balaie toute sa chaumière et cherche jusqu’à ce qu’elle retrouve son kopek. Dieu aime ce qui périt et l’appelle à soi.

Et il leur raconta encore par une similitude qu’on ne peut se hausser jusqu’à ceux qui vivent dans la volonté de Dieu. Il leur dit : Si l’on t’invite à un festin, ne te mets pas à la place d’honneur, car il viendra quelqu’un de plus honoré que toi, et le maître te dira : Va te mettre là-bas, et laisse ici celui qui vaut plus que toi ; alors tu auras honte. Mets-toi plutôt à la toute dernière place, alors le maître t’ira trouver et te fera asseoir à la première place ; et ce sera un honneur pour toi.

Ainsi, dans le royaume de Dieu il n’y a pas de place pour l’orgueil : celui qui s’élève, par cela même s’abaisse ; et celui qui s’abaisse, qui se juge indigne, par cela même s’élève dans le royaume de Dieu.

Un homme avait deux fils. Le cadet lui dit : Père donne-moi ma part. Le père la lui donna.

Quand le cadet eut reçu sa part, il s’en alla à l’étranger, y dépensa toute sa fortune et tomba dans la misère. Il en arriva même à garder les pourceaux, et il souffrait tellement de la faim qu’il mangeait avec les porcs, les glands du chêne. Une fois, il se mit à réfléchir à sa vie, et se dit : Pourquoi me suis-je séparé de mon père et l’ai-je quitté ? Chez mon père, il y avait de tout en abondance, et