Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol22.djvu/65

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ennemis qui n’ont pas voulu que je régnasse sur eux, amenez-les ici, et faites-les mourir en ma présence. qui n’ont pas voulu que je sois leur roi, qu’ils n’existent plus pour moi.


L’homme noble qui quitte sa demeure pour être roi, c’est Dieu, l’entendement, l’esprit. Son éloignement du monde, qui est en même temps sa maison, exprime cette pensée, comme la parabole du semeur, chez Marc ; qu’il ne se soucie pas de la moisson avant que le grain ne pousse et jusqu’à la fermentation.

Dieu, ayant mis dans les hommes l’entendement, les laisse vivre seuls. Ces biens qu’il distribue aux serviteurs, c’est l’entendement. Le nombre différent de talents donnés à chacun, c’est la mesure de l’entendement. C’est la répétition de la parabole des grains qui sont tombés sur la route, sur les pierres et parmi les mauvaises herbes. Mais ici il ne peut exister de malentendu ; on ne peut croire que la croissance dépende de Dieu, des causes extérieures. Ici, il est dit nettement que l’entrée dans le royaume de Dieu dépend de l’effort que fera chacun. Seul le degré de l’entendement dépend des causes extérieures. Les concitoyens de l’homme noble qui ne veulent pas l’accepter pour roi, ce sont les hommes à qui l’entendement fait défaut, les hommes des ténèbres, ceux qui n’existent pas pour Dieu. C’est ce qui est exprimé par les mauvaises herbes dans la parabole du semeur.