Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol22.djvu/88

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Dieu et qui se trouvaient par conséquent dans la mort spirituelle à cause du péché pour lequel le Fils de Dieu n’a pas encore accompli le sacrifice rédempteur. Ici l’on voit déjà clairement l’indication du Seigneur sur l’agneau pascal, que ses auditeurs devaient bientôt goûter pendant les fêtes de Pâque. Dans le chapitre suivant, cette indication est encore plus nette et plus décisive. Le Seigneur parle de lui-même, c’est-à-dire du véritable agneau de Pâque, qui a pris sur soi tous les péchés de l’univers. L’agneau pascal n’était que le symbole de cet agneau.

Maintenant, avant la Pâque, Dieu laissait entendre à ses auditeurs que le temps des images passe, que la vraie vérité arrive. La manducation de l’agneau pascal sera remplacée par celle du corps de Christ, sacrifié pour les péchés de tout l’univers. Vu cette discussion, le Seigneur non seulement affirme sa parole en la définissant encore plus nettement par quelques traits particuliers et en indiquant la nécessité de ce dont il parle, mais il ne répond pas à leurs questions puisque, à cause de leurs idées matérielles, ils ne pouvaient le comprendre.

Si vous ne mangez pas, etc. Réponse qui ressemble exactement à celle de Nicodème sur la rénovation (Chap. iii, v. 3-5). De même que là l’expression « il naîtra de nouveau » s’applique au fait qu’il renaîtra par l’eau et l’esprit, de même ici l’expression : le pain c’est ma chair s’applique au fait de manger ma chair et boire mon sang, et, dans les deux passages, la nécessité de l’une et l’autre action est indiquée sans expliquer le comment. Le lien de la réponse avec la question est celui-ci : Vous ne comprenez pas comment je donnerai mon corps à manger ? Cela vous ne le comprendrez pas maintenant. Mais je vous dis la vérité : qu’il est absolument nécessaire de manger ma chair et boire mon sang pour atteindre la vie éternelle.

L’expression : manger ma chair, avec le supplément boire mon sang, encore plus clairement qu’auparavant,