Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol24.djvu/119

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précisément ce que dit Christ dans ce passage. Il dit : Ne jure pas non plus sur ta tête ; car tu ne peux faire qu’un seul cheveu devienne blanc ou noir, si ce n’est la volonté de Dieu. Nous lisons la même chose dans l’épître de Jacques.

À la fin de son épître, comme conclusion, Jacques dit : (chap. v, 12) : Sur toutes choses, mes frères, ne jurez point, ni par le ciel, ni par la terre, ni par quelque autre serment ; mais que votre oui soit oui, et votre non, non, de peur que vous ne tombiez dans la condamnation. L’apôtre dit clairement pourquoi il ne faut pas jurer : le serment en lui-même paraît sans importance, mais il fait qu’on est condamné ; c’est pourquoi ne jurez aucunement. Comment exprimer avec plus de clarté ce que disait Christ à ses apôtres ?

Mais j’étais tellement embrouillé que, pendant longtemps, je me demandais avec étonnement : Se peut-il que cela veuille dire ce que cela veut dire ? Comment se fait-il donc que nous tous jurons sur l’Évangile ? Cela ne peut être.

Mais ayant relu les commentaires je vis que l’impossible était réalisé.

C’est la même chose que l’explication des paroles : ne jugez point, ne vous mettez en colère contre personne, ne rompez pas les liens conjugaux. La même chose ici. Nous avons établi notre organisation sociale, nous l’aimons et nous voulons la tenir pour quelque chose de sacré. Vient Christ,