Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol24.djvu/123

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nécessité de toutes ces combinaisons profondes. Christ dit : Je trouve que votre vie sociale est absurde et mauvaise. Je vous en propose une autre, celle-ci. Et il prononce les paroles des versets 38-42. Il semblerait qu’avant de corriger ces paroles il faudrait les avoir comprises. Or c’est ce que personne ne veut faire, décidant d’avance que l’ordre social dans lequel nous vivons, et qui est aboli par ces paroles, est la loi sacrée de l’humanité.

Ne considérant notre vie ni comme bonne ni comme sainte, il advint que je compris ce commandement avant les autres. Aussitôt que j’eus compris ces paroles telles qu’elles sont dites, je fus frappé de leur vérité, de leur précision, de leur clarté. Christ dit : Vous voulez supprimer le mal par le mal. Cela n’est pas raisonnable. Pour que le mal ne soit pas, ne faites pas le mal. Puis Christ énumère tous les cas où nous sommes habitués à rendre le mal, et il dit que, dans ces cas-là, il ne faut pas le faire.

Ce quatrième commandement de Christ fut le premier que je compris et qui me révéla le sens de tous les autres. Ce quatrième commandement simple, clair et pratique, dit : N’opposez jamais la force au mal ; ne répondez pas à la violence par la violence : si on te frappe, — supporte ; si on te prend, — donne ; si on te force à travailler, — travaille ; si l’on veut t’enlever ce que tu considères comme ta propriété, — abandonne-le.