Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol24.djvu/126

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inexactement traduit. On y parle de la difficulté d’aimer ses ennemis, les hommes méchants, et dans la plupart, on apporte des corrections aux paroles de Christ ; on dit qu’il est impossible d’aimer ses ennemis, mais qu’on peut ne pas leur vouloir de mal et ne point leur en faire. Entre autre, on inspire qu’on peut et doit convaincre ses ennemis, c’est-à-dire leur résister ; on parle des différents degrés à atteindre dans cette voie, de sorte que, d’après les explications de l’Église, la conclusion qui s’impose est que Christ, on ne sait pourquoi, a cité inexactement les paroles de la loi de Moïse et a prononcé quelques paroles très belles, mais, en réalité, vides de sens et inapplicables.

Il me paraissait qu’il n’en pouvait être ainsi. Ce commandement, comme les quatre premiers, devait avoir un sens clair et précis. Et, pour comprendre ce sens, je m’efforçai tout d’abord de comprendre la signification des paroles de la référence inexacte à la loi : Vous avez entendu : Vous haïrez votre ennemi. Ce n’est pas sans raison que Christ, avant chacun de ses commandements, cite les paroles de l’ancienne loi : vous ne tuerez point ; vous ne commettrez point l’adultère, etc., et à ces paroles oppose sa doctrine. Si l’on n’a pas compris ce qu’il entendait par les mots cités de l’ancienne loi, il est impossible de comprendre ce qu’il prescrit. Dans les commentaires on dit expressé-