Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol24.djvu/127

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ment (et il est impossible de ne pas le dire) qu’il cite des mots qui ne se trouvent pas dans la loi, mais sans expliquer pourquoi il le fait et ce que signifie cette inexactitude de références. Il me semblait qu’avant tout il fallait expliquer quelle pouvait être l’idée de Christ lorsqu’il citait des paroles qui ne se trouvent pas dans la loi. Je me suis donc demandé ce que pouvaient signifier ces paroles inexactement citées par Christ dans la loi ? Dans toutes les autres références de Christ à la loi ancienne, il ne cite qu’une seule prescription : vous ne tuerez point, vous ne commettrez point l’adultère, vous ne vous parjurerez point, œil pour œil… et, en regard de chacune de ces prescriptions, est formulée la doctrine correspondante. Ici, on cite deux prescriptions qui s’opposent : Vous avez entendu qu’il a été dit : Vous aimerez votre prochain et vous haïrez votre ennemi ; il est donc évident que cette opposition entre les deux prescriptions de l’ancienne loi relativement au prochain et à l’ennemi doit être la base de la nouvelle loi. Afin de comprendre plus clairement en quoi consistait cette différence, je me demandai : que signifient dans le langage évangélique les mots « prochain » et « ennemi » ? Après avoir consulté les dictionnaires et les contextes de la Bible, je me suis convaincu que toujours le mot « prochain », dans le langage des Hébreux, désigne un Hébreu. L’Évangile, dans la parabole du Samaritain, donne