Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol24.djvu/191

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la vie d’outre-tombe pour les âmes des hommes trépassés ; son enseignement sur la lumière de la vie, sur le règne de Dieu garde pour nous le même sens que pour ses auditeurs de jadis, c’est-à-dire que la seule vraie vie, c’est la vie du fils de l’homme conforme à la volonté du Père. Cela est d’autant plus facile à admettre que la doctrine de la vraie vie, conforme à la volonté du Père de la vie, implique la conception de l’immortalité, de la vie d’outre-tombe.

Peut-être est-il préférable de penser que l’homme, après cette vie terrestre employée à satisfaire ses désirs personnels, entrera tout de même en possession d’une vie éternelle, personnelle, dans le paradis, qu’il goûtera toutes les jouissances imaginables ; mais croire qu’il en est ainsi, tâcher de se persuader que, pour nos bonnes actions, nous serons récompensés par la félicité éternelle, et que nos mauvaises actions nous vaudront des tourments éternels, croire tout cela ne facilite pas l’intelligence de la doctrine de Christ ; au contraire, cela lui enlève sa base principale.

Toute la doctrine de Christ consiste en ce que ses disciples, ayant compris la chimère de la vie personnelle, renoncent à cette vie personnelle et la fassent rentrer dans la vie commune de toute l’humanité, dans la vie du fils de l’homme. Or la doctrine de l’immortalité individuelle de l’âme, non seulement ne porte pas à renoncer à la vie personnelle,