Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol24.djvu/190

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avec la vie présente, passée et future de toute l’humanité, la vie du fils de l’homme.

Selon la doctrine des Juifs, on ne pouvait sauver sa vie personnelle de la mort qu’en accomplissant la volonté de Dieu formulée dans la loi de Moïse, d’après ses commandements. À cette condition, seulement, la vie des Juifs ne périssait pas mais passait d’une génération à l’autre, dans le peuple élu de Dieu. Selon la doctrine de Christ, on sauve sa vie personnelle de la mort également en accomplissant la volonté de Dieu formulée dans les commandements de Christ. À cette condition seule, selon la doctrine de Christ, la vie personnelle ne périt pas mais devient éternelle et immuable dans l’union avec le fils de l’homme. La différence consiste en ceci : que le culte rendu au Dieu de Moïse était le culte d’un peuple pour son Dieu, tandis que le culte rendu au Père de Christ est le culte du Dieu de tous les hommes. La perpétuité de la vie dans la postérité d’un peuple était douteuse, parce que le peuple lui-même pouvait disparaître et aussi parce que cette perpétuité dépendait de la postérité selon la chair. La perpétuité de la vie selon la doctrine de Christ est certaine parce que la vie, selon sa doctrine, se transporte dans le fils de l’homme, qui vit selon la volonté de Dieu.

Admettons que les paroles de Christ sur le jugement dernier, la fin du siècle, et autres phrases de l’Évangile de Jean aient le sens d’une promesse de