Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol24.djvu/205

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Pour croire, dit Christ, il faut chercher la doctrine qui vient de Dieu seul. Celui qui parle de son propre chef cherche sa doctrine personnelle (δόξαν τὴν ἲδιαν), mais celui qui cherche la doctrine de celui qui l’a envoyé, celui-là est fidèle à la vérité, et il n’y a point de mensonge en lui (Jean, vii, 18).

La doctrine de la vie (δόξα) est le fondement de la foi.

Tous les actes découlent de la foi. Toutes les religions découlent de ce sens (δόξα) que nous attribuons à la vie. Il peut y avoir une quantité incalculable d’actes, il y a aussi beaucoup de religions, mais il n’y a que deux doctrines (δόξα) de la vie : Christ renie l’une et reconnaît l’autre. L’une de ces doctrines — celle que Christ renie, consiste à enseigner que la vie personnelle est quelque chose de réel, d’existant, propre à l’homme. C’est la doctrine qu’a suivie et que suit encore la majorité des hommes, celle qui inspire les diverses croyances des hommes de ce monde ainsi que tous leurs actes. L’autre doctrine — celle qui a été enseignée par tous les prophètes et par Christ — se résume en ceci : que notre vie personnelle n’acquiert de sens que par l’accomplissement de la volonté de Dieu.

Si un homme s’approprie une doctrine qui place au-dessus de tout la vie propre, personnelle, il considérera son bien personnel comme la chose du monde la plus importante et la plus désirable,