Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol24.djvu/204

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ne peut se sauver lui-même ! S’il est le roi d’Israël, qu’il descende maintenant de la croix et nous croirons en lui. »

À cette exigence de fortifier leur foi, Christ leur répond que leur désir est vain, et qu’on ne peut point les forcer à croire ce qu’ils ne croient pas. (Luc, xxii, 67). Il dit : « Si je vous le dis, vous ne me croirez point. »

Jean, x, 25 : « Je vous l’ai dit et vous ne le croyez pas. 26. Mais vous ne croyez pas, parce que vous n’êtes point de mes brebis, comme je vous l’ai dit. »

Les Juifs exigent exactement ce qu’exigent les chrétiens élevés par l’Église ; ils demandent quelque signe extérieur qui leur permette de croire à la doctrine de Christ. Il leur répond que c’est impossible, et il leur explique pourquoi. Il dit qu’ils ne peuvent pas croire parce qu’ils ne sont pas de ses brebis, c’est-à-dire ne suivent pas le chemin de la vie qu’il a montré à ses brebis. Il explique (Jean, v, 44) quelle est la différence entre ses brebis et les autres ; il explique pourquoi les unes croient et les autres non, et sur quoi est basée la foi. « Comment pouvez-vous croire, dit-il, vous qui empruntez votre doctrine, δόξα [1] les uns aux autres, mais la doctrine qui vient de Dieu seul vous ne la cherchez point. »

  1. Δόξα, comme dans d’autres passages, est traduit inexactement par le mot gloire. Δόξα, du verbe δοϰέω, veut dire manière de voir, jugement, doctrine.