Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol24.djvu/262

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quantité d’exemplaires et qui éveillait des doutes chez les gens les plus simples, me frappa.

Je ne pouvais croire que le contenu de cet ouvrage purement païen, sans aucun rapport avec le christianisme, fût une doctrine sciemment répandue dans le peuple par l’Église. Afin de m’éclairer là-dessus, j’achetai tous les livres édités par le synode ou avec « sa bénédiction » qui contiennent les brefs exposés de la religion de l’Église, pour les enfants et le peuple, et je les lus.

Cette lecture était toute nouvelle pour moi. À l’époque l’on m’enseignait la loi de Dieu, ils n’avaient pas encore paru. Autant que je m’en souvienne, les commandements sur les béatitudes n’existaient pas, de même que n’existait pas la doctrine qui enseigne que ce n’est pas un péché de tuer. Dans tous les anciens catéchismes russes cela ne se trouve pas. Cela ne se trouve pas non plus dans celui de Pierre Maghila, ni dans celui de Platon, ni dans celui de Biéliakow, ni dans les catéchismes catholiques abrégés. Cette innovation a été introduite par Philarète, qui a rédigé également un catéchisme à l’usage des militaires. Le Livre de prières raisonné a été composé d’après ce catéchisme, et l’ouvrage qui a servi de base est le Catéchisme chrétien de l’Église orthodoxe à l’usage de tous les chrétiens orthodoxes, édité par ordre suprême de Sa Majesté impériale.

Le livre est partagé en trois parties : de la foi, de