Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol24.djvu/275

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force brutale, sur tout ce que vous voudrez, mais jamais sur l’Église.

Les guerres, les relations d’État à État, reposent sur le principe de nationalité, d’équilibre, sur tout ce que l’on voudra, mais non pas sur le principe de l’Église.

Les institutions de l’État ignorent franchement l’Église ; l’idée que l’Église puisse servir de base à la justice, à la propriété est ridicule à notre époque.

La science non seulement ne soutient pas la doctrine de l’Église, mais, sans le vouloir, elle est toujours hostile à l’Église dans son développement.

L’art, qui ne servait jadis que l’Église, l’a complètement abandonnée.

Ainsi, le monde s’est émancipé de l’Église, et n’a aujourd’hui envers elle que du mépris, tant que l’Église ne se mêle pas de ses affaires, et de la haine dès que l’Église essaye de lui rappeler ses anciens droits. Si la forme que nous appelons Église existe encore, c’est uniquement parce que les hommes ont peur de briser le vase qui contenait jadis quelque chose de précieux. C’est la seule manière de s’expliquer l’existence à notre époque du catholicisme, de l’orthodoxie, et des différentes Églises protestantes.

Toutes les Églises — catholique, orthodoxe et protestante, ressemblent à des sentinelles qui gardent soigneusement un prisonnier, alors que celui-