Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol24.djvu/293

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ne peut pas ne pas accepter la lumière quand elle luit. On ne peut pas disputer contre elle, il est impossible de ne pas l’accepter. On ne peut pas ne pas convenir avec la doctrine de Christ, qui enveloppe toutes les erreurs dans lesquelles vivent les hommes et les pénètre toutes, comme l’éther dont parlent les physiciens, sans se heurter à elles. La doctrine de Christ est également inévitable pour chaque homme de notre monde, dans quelque situation qu’il se trouve. La doctrine de Christ ne peut pas ne pas être acceptée par les hommes, non parce qu’on ne saurait nier l’explication métaphysique de la vie qu’elle donne (on peut tout nier), mais parce qu’elle seule donne ces règles de la vie sans lesquelles l’humanité n’a jamais pu et ne peut vivre, sans lesquelles aucun être humain n’a vécu et ne peut vivre, s’il veut vivre comme un homme, c’est-à-dire d’une vie raisonnable.

La puissance de la doctrine de Christ n’est pas dans son explication du sens de la vie, mais dans la doctrine sur la vie qui en découle. La doctrine métaphysique de Christ n’est pas neuve. C’est toujours la même doctrine de l’humanité qui est inscrite dans le cœur des hommes et qui a été prêchée par tous les vrais sages du monde. Mais la force de la doctrine de Christ est dans l’application de cette doctrine métaphysique à la vie.

La base métaphysique de l’ancienne doctrine des Hébreux et de celle de Christ est la même : l’amour