Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol24.djvu/295

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de l’homme, aux sacrements, aux prières et à l’Église. La doctrine de Christ est absolument d’accord avec votre représentation du monde ; elle vous donne seulement ce que vous n’avez pas. En conservant votre religion, vous sentez que la vie du monde, comme la vôtre, est remplie par le mal, et vous ne savez comment l’éviter. La doctrine de Christ (obligatoire pour vous parce que c’est la doctrine de votre Dieu) vous donne des règles simples et pratiques sur la vie, qui vous délivreront sûrement, vous et les autres, du mal qui vous tourmente. Croyez à la résurrection, au Paradis, à l’Enfer, au pape, à l’Église, aux sacrements, à la rédemption ; priez comme le prescrit votre religion, faites vos dévotions, chantez des psaumes, tout cela ne vous empêche pas de pratiquer ce que Christ vous a révélé pour votre bien : Ne te mets pas en colère ; ne commets pas l’adultère ; ne prête pas serment ; ne résiste pas au mal par la violence ; ne fais pas la guerre.

Il peut arriver que vous manquiez à l’un de ces commandements, que, cédant à l’entraînement, vous enfreigniez l’un d’eux comme vous enfreignez maintenant les règles de votre religion, les lois du Code civil ou celles du code mondain. De même, vous faillirez peut-être, dans un moment d’entrainement, aux commandements de Christ, mais dans les moments de calme, ne faites pas ce que vous faites maintenant, — organisez-vous une existence