Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol24.djvu/297

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tion bien nette du monde, qui fait ce que font les autres. La doctrine de Christ ne vous contrarie point. Elle dit : c’est bien, vous êtes incapable de raisonner, de vérifier la vérité des doctrines qu’on vous enseigne ; il vous est plus facile de faire ce que font tous ; mais, quelque modeste que vous soyez, vous sentez tout de même, dans votre for intérieur, le juge qui tantôt approuve vos actes, tantôt les désapprouve. Quelque modeste que soit votre position sociale, néanmoins vous avez des occasions pour réfléchir et vous demander ; ferai-je comme tout le monde ou suivrai-je mon idée ? C’est précisément dans ces occasions, c’est-à-dire quand vous aurez à résoudre cette alternative, que les commandements de Christ apparaîtront devant vous dans toute leur force. Et ces commandements vous donneront sûrement une réponse à votre question, parce qu’ils embrassent toute votre vie, et ils vous donneront une réponse d’accord avec votre raison et votre conscience. Si vous êtes plus près de la foi que de l’incrédulité, en agissant ainsi vous agirez d’accord avec la volonté de Dieu ; si vous êtes plutôt libre-penseur, en agissant ainsi vous agirez d’accord avec les règles les plus raisonnables qui soient au monde, ce dont vous pouvez vous convaincre parce que les commandements de Christ contiennent en eux-mêmes leur sens et leur justification.

Christ dit (Jean, xii, 31) : « C’est maintenant que