Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol24.djvu/309

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sable. C’est pourquoi, maintenant, je ne puis plus m’écarter du commandement de Christ qui défend le serment, je ne puis plus m’engager par serment envers qui que ce soit, ni faire prêter serment à quelqu’un, ni contribuer à ce que les hommes prêtent serment ou le fassent prêter aux autres, ou considèrent le serment comme une chose importante et nécessaire ou même inoffensive, ce que beaucoup s’imaginent.

Christ m’a révélé que la quatrième tentation qui détruit mon bien, c’est le recours à la violence contre les hommes pour résister au méchant. Je ne saurais douter que c’est un mal pour moi et pour les autres, et, par conséquent, je ne puis plus le faire sciemment, et je ne puis plus, comme auparavant, dire pour justifier ce mal qu’il est indispensable pour ma défense et celle des autres, pour la défense de ma propriété et de celle des autres ; je ne puis plus, au premier avertissement que je me laisse aller à la violence, n’y pas renoncer aussitôt et ne pas m’en abstenir.

Mais il ne suffit pas de savoir cela, je connais encore la tentation qui me faisait tomber dans ce mal. Je sais maintenant que la tentation consiste à croire que ma vie puisse être garantie par ma défense personnelle et la défense de ma propriété contre les autres hommes. Je sais maintenant qu’une grande partie des maux dont souffrent les hommes proviennent de ce qu’au lieu de donner leur tra-