Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol24.djvu/314

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basées sur la division des États — les douanes, les impôts, la fabrication des armes et des projectiles, le service militaire, et, à plus forte raison, les guerres — et je ne puis pas contribuer à ce que d’autres y prennent part.

J’ai compris en quoi consiste mon vrai bien, j’ai foi en cela, et, par conséquent, je ne puis pas faire ce qui, indubitablement, me prive de mon vrai bien.

C’est peu que je possède la foi que je dois vivre ainsi, et seulement ainsi, mais j’ai la foi que si je vis ainsi, et seulement ainsi, ma vie aura pour moi le seul sens possible, raisonnable, joyeux et indestructible par la mort.

Je crois que la vie raisonnable — ma lumière, ne m’est donnée que pour luire devant les hommes, non pas seulement en paroles mais par de bonnes œuvres, pour que les hommes glorifient le Père (Matth., v, 6). Je crois que ma vie et ma connaissance de la vérité c’est le talent qui m’est confié pour que je le fasse fructifier, que ce talent est une flamme qui n’éclaire que quand elle brûle. Je crois que je suis un Ninivite relativement à d’autres Jonas, desquels j’ai appris et apprendrai la vérité ; mais que je suis Jonas par rapport à d’autres Ninivites auxquels je dois enseigner la vérité. Je crois que l’unique sens de ma vie consiste à vivre dans la clarté de la lumière qui est en moi, et à la placer non pas sous le boisseau, mais bien haut