Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol24.djvu/315

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devant les hommes pour que les hommes la voient. Et cette foi me donne de nouvelles forces pour accomplir la doctrine de Christ et anéantir tous les obstacles qui se dressaient autrefois devant moi.

Tout ce qui, autrefois, me faisait mettre en doute la vérité et la possibilité de pratiquer la doctrine de Christ, tout ce qui m’en détournait — la possibilité des privations, des souffrances et de la mort infligées par des hommes ne connaissant pas la doctrine de Christ — tout cela me prouve maintenant la vérité de cette doctrine et m’attire vers elle.

Christ a dit : Quand vous élèverez le fils de l’homme, vous serez tous attirés vers moi ; et je me suis senti attiré vers lui irrésistiblement. Il a dit encore : la vérité vous affranchira ; et je me suis senti tout à fait libre.

Que l’ennemi fasse invasion, ou tout simplement que de méchantes gens m’attaquent, pensais-je autrefois, si je ne me défends pas, ils nous dévaliseront, nous molesteront, nous tourmenteront, me tueront moi et les miens ; et cela me faisait trembler. Mais tout ce qui m’effrayait jadis me paraît maintenant quelque chose de joyeux, et le témoignage de la vérité. Je sais maintenant que l’ennemi et ces soi-disant malfaiteurs ou brigands sont tous des hommes comme moi, que, comme moi, ils aiment le bien et haïssent le mal, et vivent toujours sous le coup de la mort ; qu’ils cherchent