Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol24.djvu/75

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l’obscurité m’avait frappé jadis, doit être inexacte.

En relisant de nouveau ces versets qui toujours m’avaient paru si obscurs, je fus frappé de leur sens simple et clair qui, soudain, se révéla à moi.

Leur sens se révéla à moi non à la suite de combinaisons ou de transpositions quelconques, mais seulement parce que je rejetais les explications fausses données sur ce passage.

Christ dit (Matth., v, 17-18) : «Ne pensez point que je sois venu abolir la loi (la doctrine) ou les prophéties ; je suis venu non pour les abolir, mais pour les accomplir. Car je vous dis en vérité que jusqu’à ce que le ciel et la terre passent, il n’y aura rien dans la loi qui ne s’accomplisse, jusqu’à un seul trait de lettre »

Et le verset 20 : « Car je vous dis que si votre justice ne surpasse celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez point dans le royaume des cieux. »

Christ dit : Je ne suis point venu abolir la loi éternelle pour l’accomplissement de laquelle ont été écrits vos livres et vos prophéties ; je suis venu enseigner l’accomplissement de la loi éternelle, mais non pas celle que vos docteurs, les pharisiens, appellent la loi de Dieu ; je parle, moi, de la loi éternelle, qui est moins susceptible d’être changée que le ciel et la terre.

J’exprime la même idée en d’autres termes à seule fin de détacher la pensée de la fausse interprétation habituelle. Si ce n’était, en effet, cette