Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol24.djvu/86

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nonce en terminant ces paroles, qui ont rapport à tout ce qui précède : C’est pourquoi tout docteur, c’est-à-dire quiconque est bien instruit et connaît la vérité, est semblable à un père de famille qui tire de son trésor (indistinctement) l’ancien et le nouveau.

Toute l’Église, après saint Irénée, comprend exactement ainsi ces paroles, mais, en même temps, elle leur attribue tout à fait arbitrairement et en altérant leur vrai sens, la signification que tout l’ancien est sacré. Le sens clair est que quiconque a besoin du bien ne prend pas seulement le nouveau, mais l’ancien, et qu’on ne doit pas rejeter une chose seulement parce qu’elle est ancienne. Par ces paroles Christ veut dire qu’il ne nie pas ce qu’il y a d’éternel dans l’ancienne loi. Mais quand on lui parle de toute la loi, ou des formalités exigées par cette loi, il dit qu’on ne peut pas verser du vin nouveau dans de vieilles outres. Christ ne pouvait pas confirmer toute la loi, mais il ne pouvait davantage renier toute la loi et les prophètes, cette loi dans laquelle il est dit : Aime ton prochain comme toi-même, et ces prophètes dont les paroles lui servaient souvent à exprimer sa pensée. Mais voilà qu’au lieu de cette explication claire et simple des paroles les plus simples, telles qu’elles sont dites et telles qu’elles sont confirmées par toute la doctrine de Christ, on nous propose une explication embrouillée qui introduit