Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol24.djvu/88

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


cette contradiction, mais de la présence d’une nouvelle contradiction là où il n’y en avait pas.

Les tentatives infructueuses d’unir ce qui n’est pas unissable prouvent clairement que cette union n’est pas le fait d’une erreur de la pensée, mais que cette union a un but clair et défini, qu’elle est même nécessaire. On voit même pourquoi elle est nécessaire.

Voici ce que dit Jean Chrysostome répliquant à ceux qui repoussent la loi de Moïse (Commentaires de l’Évangile de Matthieu ; i, 3 tome ier, pp. 320, 321) :

« Plus loin en analysant l’ancienne loi dans laquelle il est ordonné d’arracher œil pour œil, dent pour dent, aussitôt on objecte : Comment peut-il être miséricordieux celui qui dit cela ? Que répondrons-nous à cela ? Que c’est au contraire la plus grande expression de la miséricorde divine. Il n’a pas établi cette loi pour que nous nous arrachions les yeux les uns aux autres, mais parce que la crainte d’être nous-mêmes victimes de ce forfait nous empêche de le commettre à l’égard des autres. Pareillement, quand il menaçait d’extermination les Ninivites, il ne voulait pas les perdre (car s’il l’avait voulu, il aurait dû se taire) mais seulement les rendre meilleurs en leur faisant peur, et renoncer à sa colère. De même pour ceux qui seraient assez audacieux pour vouloir arracher les yeux à quelqu’un. Il a décrété un châtiment pour que, s’ils ne voulaient pas s’abstenir bénévolement de ce