Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol26.djvu/104

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XIII

Je me rappelle que, durant toute mon expérience malheureuse pour secourir les pauvres de la ville, je me représentais à moi-même comme un homme qui voudrait tirer un autre de la fange dans laquelle il se trouve lui-même. Chacun de mes efforts me faisait sentir la fragilité du terrain où je me tenais. Je sentais que j’étais moi-même dans la fange, mais alors, cette conviction ne me faisait pas regarder en moi plus attentivement pour savoir où j’étais. Je cherchais toujours les moyens extérieurs de remédier à un mal qui se trouvait en dehors de moi.

Je sentais alors que ma vie était mauvaise, et qu’on ne pouvait vivre ainsi. De cela, je ne tirais pas cette conclusion si simple et si claire, qu’il faut améliorer sa vie et vivre mieux, mais cette conclusion étrange que pour vivre bien, je devais améliorer la vie des autres. Et je me mis à cor-