Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol26.djvu/16

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de ce que vous mangerez ou de ce que vous boirez : ni pour votre corps, de quoi vous serez vêtus. La vie n’est-elle pas plus que la nourriture et le corps plus que le vêtement ?
Ne soyez donc point en souci, disant : Que mangerons-nous ? Que boirons-nous ? Ou de quoi serons-nous vêtus ?
Car ce sont les païens qui recherchent toutes ces choses ; et votre Père céleste sait que vous avez besoin de toutes ces choses-là.
Mais cherchez premièrement le royaume de Dieu et sa justice, et toutes ces choses vous seront données par-dessus.
Ne soyez donc point en souci pour le lendemain ; car le lendemain aura soin de ce qui le regarde. À chaque jour suffit sa peine. (Mathieu, vi, 19-25, 31-34.)
Et je vous dis encore : Il est plus aisé qu’un chameau passe par le trou d’une aiguille, qu’il ne l’est qu’un riche entre dans le royaume de Dieu. (Mathieu, xix, 24 : Luc, xviii, 25 : Marc, x, 25.)


I

J’avais passé toute ma vie hors de la ville. Quand, en 1881, je m’installai à Moscou, je fus frappé de la pauvreté de la ville.

Je connaissais la pauvreté de la campagne, mais celle de la ville m’était nouvelle, incompréhensible.

À Moscou, on ne peut traverser la rue sans rencontrer des mendiants, et des mendiants particu-