Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol26.djvu/82

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



X

Je n’éprouvais déjà plus ce sentiment de pitié pour les hommes et de dégoût pour moi que j’avais éprouvé dans la maison de Liapine. J’étais plein du désir de réaliser l’entreprise que j’avais commencée : faire du bien aux personnes que j’avais rencontrées là. Et, chose étrange, il semblerait que faire le bien, — donner de l’argent aux besogneux, — soit une très belle chose qui doive disposer à l’amour pour les hommes : or c’est le contraire. Cette œuvre excitait en moi la malveillance et la sévérité envers les hommes. Pendant la première tournée, le soir, il se passa une scène tout à fait semblable à celle de la maison de Liapine, mais elle ne fit pas sur moi la même impression que celle-ci et provoqua un tout autre sentiment. D’abord dans un logement, je trouvai précisément ces malheureux qui avaient besoin d’un secours immédiat : je trouvai une femme