Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol3.djvu/112

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— Ah ! ah ! Est-il arrivé un malheur ? — demanda Ergouchov.

— Ils enfument tout avec leur tabac, n’est-ce pas ? — interrogea l’autre Cosaque. — S’ils fumaient dans la cour, ça bien, tant que tu voudras, mais dans l’izba nous ne leur permettrons pas, même si le chef venait en personne, je ne les laisserais pas ; et encore ils voleront par dessus le marché. Lui, le fils du diable, le chef, il n’en a pas logé chez lui.

— Ah, tu ne l’aimes pas ! — fit de nouveau Ergouchov.

— On raconte encore qu’il est ordonné aux jeunes filles de préparer des lits pour les soldats, et de leur donner à boire du vin avec du miel, — dit Nazarka en écartant les jambes comme Loukachka et en mettant comme lui son bonnet sur la nuque.

Ergouchov éclata de rire, et, attrapant une jeune fille qui était près de lui, il l’embrassa. — C’est vrai, je te le dis.

— Ibou ! goudron ! — cria la fille. — Je le dirai à ta femme.

— Si tu veux, — cria-t-il. — Nazarka a dit la vérité : c’était dans la lettre, il sait lire. C’est exact. Et il se mit à embrasser une autre fille en suivant le rang.

— Quel crampon !… Canaille ! — cria en riant Oustenka, une fille au visage rouge et rond, en levant la main sur lui.