Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol3.djvu/114

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vu cela ? Ils ont jeté une horde entière sur la stanitza ! Que faire ! — dit-elle. — Et que diable viennent-ils faire ici ?

— On dit qu’un pont sera construit sur le Terek, — fit une jeune fille.

— Et on m’a dit à moi, qu’on allait faire un trou pour mettre toutes les filles qui n’aiment pas les jeunes gens, — fit Nazarka en s’approchant d’Oustenka. Et, de nouveau, il fit son mouvement favori ; après quoi tous éclatèrent de rire, et aussitôt Ergouchov se mit à embrasser une vieille femme en sautant Marianka qui était assise dans le rang.

— Eh, pourquoi n’embrasses tu pas Marianka ? Il fallait suivre tout le rang, — dit Nazarka.

— Non, ma vieille est plus douce, — cria le Cosaque en embrassant une vieille qui se débattait.

— Il m’étouffera ! — criait-elle en riant.

Le bruit de pas cadencés au bout de la rue interrompit le rire. Trois soldats en capote, le fusil sur l’épaule, montaient au pas pour aller relever la sentinelle qui gardait la trésorerie de la compagnie. Le caporal, un vieux cavalier, en regardant méchamment les Cosaques, conduisit les soldats de telle façon que Loukachka et Nazarka qui se tenaient sur la route, devaient s’écarter. Nazarka se recula, mais Loukachka, cligna seulement des yeux, tourna la tête et son large dos, mais ne bougea pas.

— Tu vois qu’il y a du monde, fais un détour !