Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol3.djvu/115

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— prononça-t-il, en faisant un signe de tête de mépris à l’adresse des soldats.

Sans rien répondre, les soldats passèrent devant, en marchant en cadence sur la route poussiéreuse.

Marianka éclata de rire, après elle toutes les jeunes filles firent de même.

— Comme ils sont élégants ! — dit Nazarka. — On dirait des chantres en robe longue, — et il marcha sur la route en les singeant.

Tous, de nouveau, éclatèrent de rire.

Loukachka s’approcha lentement de Marianka.

— Et le chef, où loge-t-il chez vous ? — demanda-t-il. Marianka réfléchit un moment.

— On lui a cédé la cabane neuve, — fit-elle.

— Est-il vieux ou jeune ? — demanda Loukachka en s’asseyant près de la jeune fille.

— Lui ai-je demandé ? — répondit-elle — je suis allée lui tirer du vin, et par la fenêtre, j’ai vu, assis avec l’oncle Erochka, un roux quelconque. Et des bagages on en a amené un chariot entier. Elle baissa les yeux.

— Comme je suis content d’avoir pris congé du cordon — dit Loukachka, en se rapprochant de la jeune fille et toujours la regardant dans les yeux.

— Eh bien ! Es-tu venu pour longtemps ? — demanda Marianka en souriant un peu.

— Jusqu’au matin. Donne-moi des graines, — ajouta-t-il en tendant la main.