Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol3.djvu/134

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faisans, et ils n’oublient pas l’oncle et à leur tour m’apportent du gâteau ou de la galette ».

— Bonjour, Marka ! Je suis heureux de te voir ! — cria gaiement le vieillard, et d’un mouvement rapide, posant à terre ses pieds nus, il sauta du lit, fit deux pas sur le parquet grinçant, regarda ses jambes déformées, et tout d’un coup, comme s’il y eût trouvé quelque chose de drôle, sourit, et, de son talon nu, frappa une fois, puis une autre… et fit un mouvement.

— Est-ce malin, dis ? — fit-il ; ses petits yeux brillaient.

Loukachka souriait à peine.

— Quoi, vas-tu au cordon ? — redemanda le vieux.

— Je t’apporte le vin que je t’ai promis au cordon, l’oncle.

— Que le Christ te sauve — dit le vieillard. Il ramassa le pantalon et le vêtement qui étaient à terre, s’en vêtit, attacha sa ceinture de cuir, jeta sur ses mains l’eau du tesson, et les essuya avec un vieux pantalon, puis, avec un morceau de peigne, arrangea sa barbe et se planta devant Loukachka.

— Je suis prêt — dit-il.

Loukachka prit la bouteille, en essuya le goulot, versa du vin, puis s’asseyant sur le banc, le donna à l’oncle.

— À ta santé ! Au nom du Père et du Fils ! — prononça le vieux, en acceptant le vin avec un air