Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol3.djvu/137

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trant comment les Cosaques d’à-présent, font craquer les graines et en crachent la peau.

— Je sais cela, — dit Loukachka. — C’est vrai.

— Si tu veux être brave, sois Djiguite et non paysan. Si le paysan veut acheter un cheval, il donne de l’argent et l’achète.

Ils se turent.

— Mais c’est très embêtant, l’oncle, dans la stanitza ou au cordon, il n’y a rien à faire. Tous sont très timorés. Ainsi, nous étions l’autre jour dans l’aoul avec Nazaar, alors Guireï-Khan nous a proposé d’aller voler un cheval des Nogaï, personne n’est parti ; que ferais-je seul ?

— Et à quoi sert l’oncle ? Tu crois que je suis desséché ? Non, non, pas encore. Donne-moi un cheval, nous irons immédiatement chez les Nogaï.

— Pourquoi dire des bêtises ? — fit Loukachka. Dis-moi comment faire avec Guireï-Khan ? Il m’a dit : amène-moi seulement le cheval jusqu’au Terek, et là-bas, je trouverai déjà la place pour un troupeau entier. Mais il a une tête d’airain, lui aussi, c’est difficile de le croire.

— Non, on peut croire Guireï-Khan. Il est d’une famille de braves gens. Son père est un kounak fidèle. Seulement écoute l’oncle, je ne t’apprendrai rien de mal : prends de lui le serment, alors ce sera plus sûr, et quand tu iras avec lui, que ton arme soit toujours prête, surtout quand vous commencerez le partage des chevaux. Un jour un