Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol3.djvu/139

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— Ne la connais-tu pas ! Hé les gens ! C’est cela, demande à l’oncle. Eh bien ! Écoute, répète après moi :

« Salut, vous qui habitez Sion.
» C’est ton roi.
» Nous monterons sur les chevaux
» Sophonie crie.
» Zacharie parle
» Père Mandritché.
» L’homme aimé éternellement. »

— Aimé éternellement, — répéta le vieillard. — Tu le sais ? Eh bien ! Répète.

Loukachka rit.

— Est-ce pour cela qu’on ne t’a pas tué, l’oncle ?

— Peut-être oui. Vous êtes devenus trop intelligents. Apprends tout et répète : ça ne fera pas de mal. Eh bien, tu as chanté l’incantation et tu as bien fait. — Le vieux rit. — Et toi, Louka, ne va pas chez les Nogaï, voilà !

— Pourquoi ?

— Ce n’est pas à propos. Vous n’êtes pas comme autrefois, vous êtes devenus de lâches Cosaques ; des masses de Russes sont arrivés et ils vous feront passer au tribunal. Vraiment, laisse ! Ce n’est pas votre affaire ! Ah ! quand nous étions avec Guirtchik…

Et le vieux commença à raconter ses histoires sans fin. Mais Loukachka regarda par la fenêtre.