Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol3.djvu/144

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rapides, montrant souvent le même côté et passant son doigt épais sur ses sourcils et son visage.

Loukachka la comprenait et agitait toujours la tête en souriant un peu. Elle exprimait que le frère donne des galettes aux filles, que les filles sont amoureuses de lui, mais que l’une d’elles, Marianka, est la meilleure et qu’elle l’aime. Elle désignait Marianka en montrant rapidement, du côté de sa cour, ses sourcils, son visage, en faisant claquer ses lèvres et en hochant la tête. « Elle t’aime, » montrait-elle, en appuyant la main sur son cœur, en baisant sa main, et en faisant le simulacre d’étreindre quelqu’un. La mère revint dans la cabane, et, comprenant de qui parlait la muette, elle sourit et hocha la tête La muette lui montra le pain d’épices, et de nouveau poussa des cris de joie.

— J’ai parlé ces jours-ci à Oulita, je lui ai dit que je ferais la demande en mariage, et elle a bien pris mes paroles, — prononça la mère.

Loukachka la regarda en silence.

— Quoi, petite mère ! Il faut emmener le vin, il faut un cheval.

— Je l’apporterai quand il en sera temps. Je préparerai les fûts, — dit la mère, qui évidemment, ne désirait pas que son fils se mêlât du ménage. — Quand tu t’en iras, — lui dit-elle, — prends dans le vestibule un petit sac, je l’ai emprunté chez des amies, pour que tu l’emportes au cordon. Veux-tu le mettre dans la sacoche ?