Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol3.djvu/155

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— C’est lui, mon Marka, c’est-à-dire Loukachka. Je l’appelle Marka, en plaisantant. Oui, c’est lui. Je l’aime ! Moi j’étais comme ça, mon père. Pourquoi se gêner avec elles ? Il arrivait que ma petite âme dormait avec sa mère et sa belle-sœur, et moi j’entrais quand même. Elle demeurait très haut. La mère était une vieille sorcière, un diable, elle me détestait, je venais parfois avec ma vieille bonne (c’est-à-dire mon ami), un nommé Girtchik. Nous venions sous les fenêtres, je grimpais sur ses épaules, j’ouvrais la fenêtre et je cherchais. Elle dormait là sur un banc. Une fois comme ça je l’ai éveillée. Elle se mit à pousser des ah ! Elle ne m’avait pas reconnu. Qui est là ? Moi je ne peux pas parler. La mère commence déjà à remuer. J’ôte mon bonnet et lui ferme la bouche. Alors elle m’a reconnu tout de suite aux déchirures de mon bonnet. Et elle sortit. Ah ! il ne manquait rien : le raisin, le lait, elle apportait tout, — ajouta Erochka qui expliquait tout au point de vue pratique. — Et ce n’était pas la seule ! Oui c’était la vie !

— Et maintenant, qu’est-ce donc !

— Voilà, marchons derrière le chien, nous lèverons le faisan sur l’arbre et alors nous tirerons.

— Tu ferais peut-être la cour à Marianka ?

— Suis le chien. Le soir je te prouverai, — dit le vieux en montrant son favori Liam.

Ils se turent.

Après avoir fait en causant une centaine de pas, le