Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol3.djvu/154

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— Alors, voilà, il ramasse pour la dot de sa fille, — dit Olénine.

— Quelle dot ! On prendra la fille, c’est une belle fille. Mais c’est un tel diable qu’il veut encore la marier à un riche. Il veut recevoir un grand rachat. Il y a un Cosaque, Louka, mon voisin et mon neveu, un brave garçon, celui qui a tué le Tchetchenz ; il l’a demandée depuis longtemps, mais il ne la donne toujours pas. Tantôt c’est une chose, tantôt une autre. Il dit que la fille est jeune, mais je sais ce qu’il pense, il veut qu’on le supplie.

Quelle honte c’était aujourd’hui à cause de cette fille, mais quand même, on l’obtiendra pour Loukachka, car c’est le premier Cosaque de la stanitza. Un djiguite ! Il a tué un Abrek, il recevra la croix.

— Mais qu’est-ce donc ? Hier, je marchais dans la cour, et j’ai vu la fille de mon propriétaire embrasser un Cosaque, — dit Olénine.

— Tu mens ! — cria le vieux en s’arrêtant.

— Je te le jure, — fit Olénine.

— C’est une diablesse ! — dit Erochka, songeur. Et quel était ce Cosaque ?

— Je ne l’ai pas vu.

— Quelle toile était sur son bonnet, blanche ?

— Oui.

— Et le caftan rouge. Est-il de ta taille ?

— Un peu plus grand.

— Ah ! c’est bien lui ! — Erochka éclata de rire.