Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol3.djvu/161

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Olénine excité par le mouvement et les louanges bavardait avec le vieux.

— Attention, allons ici, — l’interrompit le vieillard. — Hier, j’ai vu par ici les traces d’un cerf.

En tournant dans le bois et faisant trois cents pas, ils sortirent sur une clairière couverte de roseaux et de creux pleins d’eau.

Olénine était toujours en arrière ; l’oncle Erochka qui se trouvait à vingt pas devant lui, s’inclina en agitant la tête d’un air important et en faisant signe de la main à Olénine.

Olénine le rejoignit et vit l’empreinte d’un pied humain, que lui montrait le vieillard.

— Tu vois ?

— Je vois, quoi ? — dit Olénine en s’efforçant de parler le plus tranquillement possible. — C’est la trace d’un homme.

Involontairement la pensée des Pathfinder, de Cooper, et des Abreks traversa sa tête et, en voyant avec quel mystère marchait le vieillard, il n’osait l’interroger et se demandait qui, de la chasse ou du danger, en était cause.

— Non, ce sont mes pas, — dit tranquillement le vieux en désignant l’herbe sous laquelle à peine visible se devinait la trace de la bête.

Le vieux marcha plus loin. Olénine ne restait plus en arrière.

Au bout de vingt pas faits dans une descente, ils arrivèrent près d’un poirier branchu, sous lequel