Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol3.djvu/175

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Loukachka s’approcha des interlocuteurs et s’assit tout près.

— De quel aoul est-il ? — demanda-t-il.

— Voici, de ces montagnes, — répondit l’émissaire en indiquant au delà du Terek, le col bleuâtre, voilé de brume. — Tu connais Souuk-Sou ? C’est à dix verstes plus loin.

— À Souuk-Sou, connais-tu Guireï Khan ? — demanda Loukachka, s’enorgueillissant visiblement de cette connaissance. — C’est mon kounak.

— C’est mon voisin, — répondit l’émissaire. — Un brave homme ! — Et Loukachka qui semblait très intéressé se mit à parler en tatar avec l’interprète.

Bientôt le centenier et le chef de la stanitza arrivèrent à cheval avec deux Cosaques. Le centenier, un jeune officier de Cosaques, salua les Cosaques, mais personne ne lui répondit, comme c’est la règle pour les soldats : « Votre seigneurie, nous vous souhaitons une bonne santé ». Quelques-uns seuls répondirent par un simple salut. D’autres, et parmi eux Loukachka, se levèrent et se redressèrent. L’ouriadnik déclara qu’au poste tout allait bien. Tout cela semblait ridicule à Olénine ; ces Cosaques lui faisaient l’effet de jouer aux soldats. Mais la formalité bientôt se transforma en relations des plus simples ; le centenier, qui était aussi habile Cosaque que les autres, commença à parler très vite en tatar avec l’interprète. On écrivit un