Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol3.djvu/18

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— Oui, — répondit l’ami avec un sourire encore plus doux.

— Et peut-être…

— S’il vous plaît, on m’a ordonné d’éteindre les bougies, — dit le valet somnolent qui avait pu entendre les derniers mots de la conversation et se demandait pourquoi ces messieurs disaient toujours la même chose. — Au compte de qui ordonnez-vous de faire la note ? Au vôtre ? — ajouta-t-il en parlant à celui qui était de haute taille, sachant d’avance à qui il fallait s’adresser.

— Oui, à mon compte, — répondit celui-ci. — Combien ?

— Vingt-six roubles.

Le grand jeune homme réfléchit un moment, mais ne prononça pas une parole et mit la note dans sa poche.

Entre les deux interlocuteurs la conversation suivait son cours.

— Adieu, tu es un charmant garçon ! — dit le jeune homme petit et laid, au doux regard.

Des larmes se montrèrent dans les yeux de tous deux. Ils sortirent sur le perron.

— Ah, oui, tu régleras le compte de Chevalier et tu m’écriras ? — fit le voyageur en rougissant et en s’adressant au grand.

— Bien, bien, — répondit celui-ci en mettant ses gants. — Comme je t’envie ! — ajouta-t-il spontanément quand ils se trouvèrent sur le perron.