Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol3.djvu/180

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XXII


Le centenier et le chef de la stanitza partirent, et Olénine, pour faire plaisir à Loukachka et pour ne pas aller seul dans la forêt sombre, demanda congé pour Loukachka. L’ouriadnik le laissa partir. Olénine pensait que Loukachka voulait voir Marianka, et, en général, il était content de la compagnie d’un Cosaque si agréable et si causeur. Involontairement, Loukachka et Marianka étaient unis dans son imagination et il éprouvait du plaisir à penser à eux. « Il aime Marianka », se disait Olénine, « et moi aussi je pourrais l’aimer ». Et un sentiment fort, ému, nouveau pour lui, s’empara tout à coup de son être pendant qu’il s’acheminait vers la maison à travers la forêt sombre. Loukachka avait aussi de la joie dans l’âme. Quelque chose de semblable à l’amour palpitait chez ces deux jeunes gens si différents. Chaque fois qu’ils se regardaient l’un l’autre, ils se sentaient joyeux.