Page:Tolstoï - Œuvres complètes, vol3.djvu/182

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— Et combien coûte un cheval ?

— Récemment on a marchandé un cheval de l’autre côté de l’eau, on a offert soixante pièces de monnaie, ils ont refusé, et c’était un cheval de Nogaï.

— Viendrais-tu chez moi comme drabant ? (En campagne, le drabant est quelque chose comme un brosseur qu’on donne aux officiers). Je le demanderais pour toi et te donnerais un cheval, — dit tout à coup Olénine. — Vraiment. J’ai deux chevaux, ils ne me sont pas nécessaires.

— Comment, pas nécessaires ! — dit en riant Loukachka. — Pourquoi voulez-vous faire un cadeau ? Dieu nous aidera, nous gagnerons assez d’argent.

— Vraiment ! Est-ce que tu ne veux pas être drabant ? — fit Olénine réjoui d’avoir songé à faire présent d’un cheval à Loukachka. Cependant, il ne savait pourquoi, il était gêné et avait honte. Il cherchait et ne savait que dire.

Loukachka, le premier, rompit le silence.

— Eh quoi ! Vous avez votre maison en Russie, — demanda-t-il.

Olénine ne put se retenir de raconter que non seulement il avait une maison, mais même plusieurs.

— Une bonne maison ? Plus grande que les nôtres ? — demanda naïvement Loukachka.

— Beaucoup plus grande, dix fois plus grande, à trois étages, — raconta Olénine.